8 février 2010
Coup dur pour l'organisation séparatiste basque ETA après la découverte de 800kg d'explosifs dans une maison près d'Obidos, au Portugal.
Il est probable que l'ETA, se sentant traquée en France, ait choisi de «transférer son appareil logistique, son atelier de fabrication de bombes» au Portugal, a déclaré hier à la presse le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba.
Un véritable laboratoire
Selon la presse portugaise, dans une des salles de bains, les enquêteurs ont découvert un laboratoire, confirmant la thèse que la maison servait bien d'atelier de fabrication d'explosifs et n'était pas seulement une «cache». Environ 500kg de nitrate d'ammonium stockés dans des bidons de capacités diverses, des engins explosifs pour un poids total de 300kg stockés en bidons de 50litres et du matériel divers, susceptible d'être utilisé dans la construction d'engins explosifs ont été trouvés. Le journal espagnol El Pais écrivait dans son édition d'hier que c'est même le «noyau opérationnel» de l'ETA qui a été transféré au Portugal, la pression policière accrue rendant de plus en plus difficile la préparation des attentats en France, traditionnelle base arrière de l'organisation. Les enquêteurs ont en outre réussi à identifier «deux terroristes présumés», Andoni Cengotitabengoa et Oier Gomez Mielg, qui résidaient dans cette maison, avant de l'abandonner précipitamment ces derniers jours.
De futurs attentats évités
Hier, dans un communiqué, les autorités portugaises soulignaient que l'opération menée a permis d'«éviter de possibles futurs attentats terroristes, ce qui a déjà valu la reconnaissance publique du gouvernement espagnol». Le Portugal continuera à «agir pour réprimer les activités de cette nature, en étroite coopération avec les autorités espagnoles et dans le respect des compétences de la police judiciaire dans le cadre de l'enquête criminelle, maintenant la réserve qui s'impose dans ces matières de sécurité couvertes par le secret d'Etat et le secret judiciaire», concluait le communiqué.
828 morts en quarante ans
L'ETA est tenue pour responsable de 828 morts en plus de quarante ans de violences pour l'indépendance du Pays Basque (nord).
