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Zidane, rancoeur tenace

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Par William-Alexandre PROUST
De Football.fr
le 01/03/2010

Le coup de boule de Zidane en juillet 2006, une image qui a fait le tour du monde... (Reuters) Le coup de boule de Zidane en juillet 2006, une image qui a fait le tour du monde... (Reuters)

Les années passent, la colère reste. Dans les colonnes d'El Pais, ce lundi, Zinedine Zidane a concédé "préférer mourir" plutôt que demander pardon à Marco Materazzi, après le coup de tête qu'il lui avait asséné en finale du Mondial 2006. Si, une nouvelle fois, il a reconnu que son geste a fait tâche dans sa carrière et qu'il se le reproche encore, l'ancien capitaine des Bleus ne cache pas qu'il garde un profond sentiment de haine à l'égard du défenseur italien.


"Bien sûr que je m'en veux." Dans un entretien accordé au quotidien espagnol El Pais, Zinedine Zidane est une nouvelle fois revenu sur le coup de tête asséné à Marco Materazzi, en finale de la Coupe du monde 2006. Mais l'idole du foot français, en dépit des quatre années qui se sont écoulées depuis ce fameux "coup de boule", garde une rancoeur vive à l'écart de sa victime. Ou bourreau, selon les interprétations.

"Si je [lui] demande pardon, ce serait admettre que ce qu'il a fait fut normal, juge-t-il. Et pour moi, ce n'était pas normal. Sur le terrain, il se passe toujours des choses. Mais là, je n'ai pas pu résister." Depuis cette soirée de triste mémoire pour les Bleus, on sait que les "mots doux" du défenseur transalpin visaient la mère du n°10 français. Et non sa soeur, comme il était un temps question dans l'agitation médiatique post-catastrophe pour l'équipe de France.

"Je préfère mourir"

La pilule n'est en tout cas jamais passée. Et Zinedine Zidane de souligner pourquoi, ce soir-là, il a répondu par la violence aux insultes de "Matrix". "Ce n'est pas une excuse, mais ma mère était malade. A l'hôpital. Ça, les gens ne le savaient pas. Plus d'une fois, quelqu'un a insulté ma mère devant moi et je n'ai jamais répondu."

Plus que de la rancoeur, c'est en fait surtout de la haine qui foudroie le coeur de l'ancien meneur de jeu des Bleus. "Demander pardon à ce..., poursuit-il sans achever sa phrase. Si c'avait été Kaka, un type normal, un type bien, bien sûr que je lui aurai demandé pardon. Mais à lui! (Materazzi, ndlr) Si je lui demande pardon, je me manque de respect ainsi qu'à tous ceux que j'aime. Je demande pardon au football, aux supporters, à l'équipe. Mais à lui, je ne peux pas. Jamais, jamais... Ce serait me déshonorer. Je préfère mourir."